Pour le nouvel an

Nietzsche et sa mère

Pour le nouvel an. – Je vis encore, je pense encore : il faut encore que je vive, car il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito : cogito, ergo sum. Puisque chacun aujourd’hui  se permet d’exprimer son vœu et sa pensée la plus chère, je vais moi aussi dire ce que je souhaite de moi-même et quelle est la pensée, cette année, la première dans mon cœur– quelle est la pensée qui devra être dorénavant  pour moi la raison, la garantie et la douceur de vivre ! Je veux apprendre toujours davantage à considérer comme la beauté ce qu’il y a de nécessaire dans les choses : c’est ainsi que je serai de ceux qui rendent belles les choses.

Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour ! Je ne veux pas entrer en guerre contre la laideur. Je ne veux pas accuser, je ne veux pas même accuser les accusateurs. Que détourner le regard soit ma seule négation ! Et, somme toute, en un mot : je veux désormais n’être rien d’autre que quelqu’un qui dit oui !

Friedrich Nietzsche

Le Gai Savoir (§276, Livre IV)

Œuvres, éditions Robert Laffont, 1993 (traduction de Peter Pütz)

Illustration : Nietzsche et sa mère, par Louis Held (Weimar, sans date)

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Oblivion, revue éphémère

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A-t-on oublié la revue Oblivion ?

Plutôt que le pompeux sous-titre « Revue philosophique et littéraire », ce qui caractérise Oblivion, c’est sa fugacité… Alors nous avons décidé de la rebaptiser « Revue éphémère ».

Si vous désirez en commande un exemplaire, rendez-vous sur la page consacrée à la revue Oblivion.