Sur la mort d’un chien

« Oscar avait dit que nous tuons tous ce que nous aimons » écrivait John Cowper Powys le soir de la mort de son chien, le « Vieux », le 28 mars 1939.

A l’instar de Jean Grenier, auteur d’une magnifique élégie Sur la mort d’un chien (1957), on trouve dans les pages du journal de Powys une description toute à fait poignante d’un homme confronté à la mort de son chien.

A lire dans la rubrique des frères Powys.

Illustration : Tombe du chien de John Cowper Powys, Corwen, Pays de Galles.

Bonne année 2021, année de Péret qu’on se le dise !

Si l’on recherche la signification originelle de la poésie, aujourd’hui dissimulée sous les mille oripeaux de la société, on constate qu’elle est le véritable souffle de l’homme, la source de toute connaissance et cette connaissance elle-même sous son aspect le plus immaculé. 

Benjamin Péret. Le Déshonneur des poètes.

L’année 2021 donnera, ces prochains mois, La parole à Péret, écrivain surréaliste par excellence, dont la liberté fut en toutes circonstances le maître-mot, et l’humour, toujours au service d’une imagination débridée, une puissante force créatrice.

Indéfectiblement fidèle à l’écriture automatique, Benjamin Péret « tire la langue » aux contraintes formelles imposées, à son époque, par la littérature. Ses mots, dans ses contes comme dans sa poésie, puisés dans tous les registres du vocabulaire, partagent avec les atomes de Lucrèce le même destin, le même principe de hasard (le clinamen, la déclinaison). Dans leur chute qui les emporte dans le vide, ils s’entrechoquent, créent de folles combinaisons et engendrent d’imprévisibles mondes aux histoires aussi surprenantes qu’étourdissantes…

Traverser l’univers de Benjamin Péret, c’est – si l’on accepte d’être parfois dérouté – retrouver l’esprit d’enfance, le goût du jeu conjugué avec le plaisir de l’insolence, et une attention particulière au merveilleux. C’est aussi, au fil de ses œuvres, s’interroger avec lui sur l’amour sublime, sur les possibles du langage et le rôle du poète, ou encore sur la pensée mythique… C’est enfin s’étonner de la liberté et de la singularité de cet homme qui incarne le surréalisme. Un créateur hors du commun, à « l’intelligence subversive », qui se nourrit quotidiennement de Trois cerises et une sardine et « appelle tabac ce qui est oreille ».

L’exposition La parole est à Péret aura lieu à la Médiathèque Jacques Demy de Nantes, en janvier. Elle présentera un ensemble d’éditions originales d’ouvrages et de documents d’archives très divers acquis par celle-ci.

Nous sommes heureux d’avoir participé au catalogue de l’exposition, réalisé par l’Association des amis de Benjamin Péret, titré : Comme un haricot au clair de lune ; d’avoir aussi contribué àl’édition de la revue Incognita consacrée à Benjamin Péret (éditions du Petit Véhicule), ainsi qu’à la publication des contes de Péret par les éditions Les Perséides, avec une très belle présentation du recueil par Gaëlle Quemener. Péret prendra donc la parole en 2021, à Nantes, haut et fort, cela va sans dire. Qu’on se le dise !

Pierrick Hamelin (auteur de ce texte et de la photographie) et Goulven Le Brech (carte de vœux)

« Nietzsche et la Laager », John Cowper Powys

Pour finir l’année 2020 en compagnie de notre meilleur ami, nous invitons à méditer ses paroles sur Nietzsche….

Selon John Cowper Powys, les sentiments que Nietzsche ressentait « étaient des sentiments chrétiens, les sentiments d’un Mystique, d’un Visionnaire, d’un Flagellant. Qu’importe le nom qu’on leur donne ? Christ ? Dionysos ? Seule la secrète passion créatrice du cœur humain les fait partir l’un et l’autre pour leur croisade. »

A lire dans la page des frères Powys.

« Une philosophie de la solitude » de John Cowper Powys

Les éditions Allia ont eu l’excellente idée de rééditer la traduction de A philosophy of Solitude (1933), traduit par Michel Waldberg et initialement publié aux éditions La Différence en 1984. Cet essai de John Cowper Powys étant devenu introuvable, les amateurs de Powys se réjouissent de sa réédition chez cet éditeur.

Ce texte, d’une haute valeur inactuelle, a été initialement publié aux États-Unis en 1933, à l’époque où Powys vivait dans sa demeure champêtre d’Hillsdale, au nord de l’État de New York. Après des années passées à sillonner les routes d’Amérique, à donner des conférences auprès d’un public varié, amateur de littérature et de philosophie, Powys dépose ses valises dans cette maison isolée, où il s’installe avec sa jeune compagne Phyllis Playter. Là il compose plusieurs des volumes les plus marquants de son œuvre : In Defense of Sensuality (1930), A Philosophy of Solitude (1933), Weymouth Sands (1934) et Autobiography (1934).

Dans une première partie, l’auteur présente la filiation des philosophes et poètes « élémentalistes », qui, avant lui ont su exprimer le lien indéfectible entre l’homme et le cosmos et une manière d’accepter les turpitudes de l’existence humaine par une disposition mentale contemplative : les taoïstes Lao-Tseu et Kouang-Tseu, le présocratique Héraclite d’Éphèse, les sceptiques grecs et romains Épictète et Marc Aurèle, le philosophe français Jean-Jacques Rousseau, et enfin, plus proche de lui dans le temps et dans l’espace, le poète anglais William Wordsworth.

Mais Powys ne se contente pas d’énumérer une filiation de penseurs et de poètes, et va plus loin, en présentant à son lecteur les divers aspects de sa philosophie de la vie, par le prisme de la question de la solitude. Contrairement au philosophe espagnol Miguel de Unamuno, dont Powys évoque à plusieurs reprise le célèbre Sentiment tragique de la vie (1913), il n’est pas question de s’apitoyer sur le caractère tragique de la solitude humaine chez notre philosophe, poète et romancier anglais. La solitude est en effet pour Powys le « noyau central magnétique » de notre individualité, ce par quoi les humains ont le loisir de goûter à tous moments dans leur existence au « plaisir qu’il y a dans la vie-même ».

Loin de concevoir la solitude comme une position mortifère inhérente à l’existence humaine, Powys l’érige comme le principe même du bonheur terrestre. Chaque homme, chaque femme, a la possibilité d’éprouver de sa position d’être solitaire tout ce que le monde offre aux sens, que ce soit dans dans moments d’exhalation dans la confrontation avec un magnifique paysage naturel ou en plein désœuvrement, au cœur d’une grande ville polluée et triste. Grandiose ou réduite à de rares expressions, la nature est toujours là pour rappeler aux humains leur lien avec le grand Tout. Powys insiste aussi sur la faculté propre à la mémoire humaine de faire le tri entre les souvenirs et sensations pour n’en conserver que les meilleurs et les raviver à son gré, dans les moments de solitude.

Parmi les éléments naturels, le vent, par sa capacité à raviver des souvenirs lointains et à imprimer à l’instant présent un caractère d’éternité, est pour John Cowper Powys le médium par excellente de sa philosophie contemplative.

Nous vous invitons à lire l’extrait de Une philosophie de la solitude sur le vent éternel dans La rubrique des frères Powys.

John Cowper Powys, Une philosophie de la solitude, Éditions Allia, 2020 (12 euros)

Goulven Le Brech

Dans le jardin de Pierrick Hamelin

Arcimboldo

Ces jours derniers, en rangeant des fichiers de son ordinateur, Pierrick Hamelin a retrouvé des textes oubliés… Y regardant de plus près, il a constaté un ensemble de textes regroupés pour un projet de deuxième numéro de notre revue éphémère Oblivion, sur le thème du jardin.

Un des ces textes est à découvrir dans la rubrique Miscellanées.

Illustration : Giuseppe Arcimboldo, Vertumne (Rodolphe II)

 

 

 

« Comment ça va ? » de Pierrick Hamelin

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Comment ça va ? Est le titre du dernier livre de Pierrick Hamelin, publié juste la vielle du confinement obligatoire en raison de la pandémie du coronavirus… Le titre était donc bien venu. Jamais, en effet, nous n’avons autant entendu et posé cette question : Comment ça va ?

Pierrick Hamelin regrette donc de l’avoir publié un peu trop tôt, il y aurait certainement ajouté un ou deux textes évoquant la situation présente. Vous le ferez peut-être à sa place, puisque quelques pages sont réservées au lecteur à la fin du livre, invité, lui aussi, à répondre à cette question…

Comment ça va ? rassemble plusieurs textes courts dont deux : La mouche, Powys, et moi, et moi… et Quel souci la vie ont été publiés sur ce blog Entre les vagues, postés dans la rubrique « John Cowper et Llewelyn Powys ». Ils sont composés d’anecdotes et de réflexions philosophiques et psychologiques, souvent teintées d’humour…

Comment ça va ? est publié aux Editions Les Perséides. Petit livre (à peine 100 pages),  petit prix (à peine 10 euros), mais il fait le maximum pour vous donner le sourire en cette étrange période…

Lien vers le site de l’éditeur :

http://lesperseides.fr/comment-ca-va/

« L’ambiance de mars » par Llewelyn Powys

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En ce premier jour de mars, écoutons la douce voix de Llewelyn Powys nous rappelant les premiers signes du printemps.

« The moods of march » est l’un des chapitres de Honey and Gall, studies in mystic materialism (Le miel et le fiel, études de matérialisme mystique), ensemble de textes de Llewelyn Powys publié par Emanuel Haldeman-Julius dans sa collection des Little Blue Books, Girard, Kansas, en 1924 (Little Blue Books n°534). Ce petit livre se compose de onze chapitres : The magic in names, When I consider the heavens, The blessings of longevity, The sense of smell, Open spaces in New York, In durance vile, A circus within a circus, The moods of march, The moods of april, In exitu de Egypto, The inconstant visitor. Il s’agit de textes de prose poétique aux accents pathétistiques et sensualistes, tout à fait caractéristiques de Llewelyn Powys.

Ces textes ont été publiés dans des journaux américains à l’époque pendant laquelle Llewelyn Powys vivait aux États-Unis, à New York.

L’ambiance de mars est à lire dans la rubrique John Cowper et Llewelyn Powys.